LA BULLE ROSE FÊTE SES 30 ANS

LA BULLE ROSE FÊTE SES 30 ANS

La pertinence des lieux d’accueil semble ne plus être à démontrer si l’on en croit leur multiplication. Mais à quoi tient ce qui s’y produit ?

Il s’agit d’accueillir en un même lieu, dans un même temps l’enfant et son parent, de se mettre à l’écoute d’une parole, d’une question telle qu’elle se présente, d’être attentif à la relation qui s’y déroule. Mais cela suffit-il ?

Ce qui apparaît aujourd’hui plus que jamais comme essentiel, ce qui fonde la qualité de cet accueil, pourrait bien se situer dans une certaine ambiance, si difficile à saisir, une manière un peu particulière de faire le collectif, le faire ensemble.

Ces journées seront l’occasion de témoigner des conditions de la rencontre que le temps si spécial de l’accueil permet, mais aussi de déplier le dispositif dans ce qu’il peut présenter d’impertinence, de vif, d’inattendu, 30 ans après encore.

Le plus intime vient y rencontrer l’espace public, entre langue maternelle, langues étrangères et langue au chat.

En considérant que la place que l’on réserve à l’altérité est le ressort de la rencontre, ceci soulève les questions des différences de langues, du rapport de chacun à la sienne et à celle de l’autre.

Depuis 2010, la présence d’accueillants Sourds dans l’équipe nous engage ainsi à faire lien, à tirer les fils du malentendu inhérent à toute rencontre, au sein même de notre collectif de travail.

Parce qu’il ne suffit plus de désigner la machine à normaliser pour résister à ses effets sur nous, nos invités sont autant de contemporains qui travaillent à élaborer les difficiles questions de notre temps.

Quelles formes de lien social sommes nous alors en capacité de ré-inventer pour permettre aux tout-petits de grandir et à leurs parents de le supporter ?

Qu’ est ce qui fait que quatre murs peuvent devenir et se maintenir comme un lieu d’adresse, d’écoute et de lien pour celles et ceux dont la tâche est bien d’assurer l’humanisation du monde d’aujourd’hui et de demain ?

Comment la psychanalyse peut-elle nous aider aujourd’hui à penser cette question de la transmission, de ce qui (se) passe dans tout accueil de notre prochain et dans le collectif qui le soutient ?